nov 022014
 

Wim Wenders avec le fils de Salgado réalise un très beau documentaire sur la carrière du photographe Salgado. Sincèrement je vous le conseille et dépêchez vous car il ne restera pas longtemps sur grands écrans. Un film de Wim Wenders vaut le déplacement et lorsqu’il se penche sur un photographe son regard est vraiment intéressant.

nov 282013
 

depardon-google-street-view

L’artiste Caroline Delleutraz apris le livre « La France » de Depardon et a retrouvé les différents endroits où Raymond Depardon a pris les photos. Elle les mets ensuite cote à cote.
Elle s’interroge ensuite sur l’intérêt du travail de Depardon face au milliard de photos prises par Google.
Si vous voulez en savoir plus sur cette démarche vous pouvez vous rendre sur son site et si vous voulez voir les photos, il y a un site dédié qui s’appelle 2 visions.

 

nov 042012
 

Henri Cartier Bresson

Ce Mercredi 7/11 à 22h05 sur Arte un documentaire « Le Siècle de Cartier-Bresson » de Pierre Assouline sera diffusé. Henri Cartier-Bresson est devenu photographe professionnel à l’age de 38 ans et est devenu l’un des plus grands du XX siècle. Vous pourrez entendre des archives sonores avec la voix du photographe qui revient sur cette traversée du siècle dont il a été un témoin privilégié. Il parle de la guerre civile espagnol, libération de Paris la naissance de la République populaire de Chine, Mai 68… et évoque ces 3 années comme prisonnier de guerre en Allemagne.

Vous pouvez voir le documentaire en avant première (jusqu’au 5/11 à 10h) et lire un article très intéressant sur ce film sur le site de Télérama

oct 152012
 

Thierry Larret, photographe professionnel nous délivre un témoignage intéressant sur son expérience de photographe aux Jeux Olympiques de Londres.
Usain Bolt

« 1er Mai 2011… date de la Dead line pour les accréditations des Jeux Olympiques de Londres. Ma demande d’accréditation  a été renvoyée au CNOS. J’attends fébrilement la réponse.  Les quotas sont peu nombreux pour la France et la proximité de Londres fait qu’il y aura beaucoup plus de demandes. Et en plus … je suis Freelance.

Le 8 juin 2011, un courrier du CNOS arrive… «  Vous avez une accréditation EP ». Je n’ose pourtant pas y croire, je me dis qu’il doit s’agir d’une présélection. Un coup de fil au CNOS me rassure et me confirme que mon accréditation est bien accordée, définitive, et pour tous les sports (EP). Yessss !!  Un rêve qui se réalise. Pour un photographe de sports, les Jeux olympiques représentent le graal. Les Jeux sont encore dans un peu plus d’un an et je suis déjà très excité. Je sais que ça va être dur, très dur. Tous les meilleurs photographes de la planète sport seront présents avec des moyens colossaux. Je suis distribué par l’agence Maxppp… qui distribue aussi d’autres agences Européennes et mondiales. Mes photos vont donc se retrouver noyées au milieu d’un flux impressionnant d’images. Je ne m’attends pas à gagner beaucoup d’argent sur les jeux, il me faudra avant tout couvrir et rembourser mes frais, qui sont à ma charge. (Eurostar, hébergement, nourriture, connexion internet, voila de quoi bien entamer un budget). Je me fixe comme objectif d’en profiter un maximum et de ne pas me mettre de pression, tout en n’oubliant pas que je ne suis pas en vacances et que je suis professionnel. 27 juillet 2012, je quitte l’Auvergne pour la capitale et quelques heures plus tard, me voilà à Londres. Déjà la Gare de Saint Pancras bouillonne.

Teddy Riner

Des policiers, des militaires, des bénévoles sont omni présents et accueillants. Me voila à l’entrée du village Olympique, où tout commence par un passage des bagages au scan avec inspection minutieuse par les militaires. Il en sera de même tous les jours et même plusieurs fois par jour, à chaque entrée sur les différents sites de compétition. Après avoir récupéré mon accréditation, direction le Main Press Center. C’est immense ! Chaque photographe doit porter un gilet photo numéroté durant toutes les compétitions. Je récupère le miens, le numéro 1895 est dans la place !! Direction l’assistance Pro Canon, histoire de faire nettoyer les capteurs de mon Mark IV et de mon 7D. En échange, Canon me prête un autre Mark IV et surtout le nouveau DX, dont j’avais pu lire sur le net et dans la presse qu’il s’annonçait plus que prometteur. Apres l’échec du Mark III, Canon n’avait aucun droit à l’erreur. Durant les 15 jours des JO, j’ai pu garder le DX, un pur bonheur. Je n’ai pas pu (pas voulu…) tester toutes ses possibilités. Il n’est pas évident de prendre un boitier nouveau pour des reportages qui plus est au JO, et j’ai fait le choix de ne pas l’exploiter à fond  voulant jouer la carte de la sécurité. Ce boitier m’a (enfin) réconcilié avec Canon et surtout avec son autofocus. Ce DX est une tuerie, surtout associé aux optiques récentes. Les 300, 400 500 mn sont beaucoup plus légers. J’ai aussi eu l’occasion d’utiliser plusieurs jours le 200/400 avec l’extendeur intégré (il y avait peu d’exemplaires à Londres). C’est énorme !!! Cet optique est excellente et offre énormément de polyvalence notamment sur les JO, où l’on ne peut quasiment pas se déplacer. Associé au DX, c’est l’arme fatale !! Le prix, pas encore annoncé devrait être lui aussi fatal … j’ai également pu tester le nouveau 5D Mark III. Je l’ai peu utilisé car je l’avais en 3ème boitier quelques jours. Je pense qu’il va très vite remplacer mon 7D… si je vends celui-ci rapidement.

Ping-pong-jo

En tout cas l’assistance Canon Pro sur les grands événements est très appréciable et incroyablement réactive. La quantité de matériel de prêt est impressionnante, tout comme le nombre de DX qui ont pu circuler durant cette quinzaine. Les jeux, c’est de nombreuses heures de bus pour se rendre sur les différents sites de compétitions, de nombreuses heures d’attentes sur place, des repas sur le pouce et à des heures improbables et surtout peu d’heures de sommeil. Ma plus grosse nuit à été de 5 heures, la moyenne était de 3 heures. Je savais que ce serait dur… C’est épuisant, d’autant que j’essayais de couvrir 3 sports par jour.Cyclisme, triathlon, BMX, VTT, Kayak, judo, escrime, plongeon, Taekwondo, tennis de table, badminton, water polo, basket, handball, équitation, tir au pistolet, Ball-trap, gymnastique, athlétisme (le 100 et 200 mètres, tout simplement impressionnant) et Hockey sur gazon (j’ai adoré) sont les disciplines que j’ai couvert. J’ai regretté de ne pas avoir shooté du Beach volley (surtout féminin) tout comme la lutte et l’haltérophile. Mais il m’a fallu parfois faire des choix de timing, notamment les jours où j’avais des commandes et je ne pouvais couvrir qu’une seule discipline (ce qui était le cas lors du vtt, du Triathlon et du BMX notamment). Coté matos, c’est tout simplement impressionnant.

jeux-olympiques

Chaque photographe travaille avec minimum 2 boitiers, mais souvent 3 ou 4… et parfois beaucoup plus. Les appareils télécommandés sont légions et les Pocket-Wizard sont partout. Les grosses agences avaient même des boitiers pilotés à distances via joystick et écran d’ordinateur. Pour info, pas de moyenne gamme, ils utilisaient des DX pour les Canonistes et des D4 pour les Nikonistes… soyons fou ! Je m’attendais en revanche à voir beaucoup de transmissions wifi en direct du boitier mais le standard (enfin toujours pour les grosses agences) était le câble Ethernet, puisque les boitiers Pro sont équipés de prises. Pour les photographes, les jeux laissent peu de marge de manœuvre. Il y a des emplacements photos où le premier arrivé est le premier servi pour les meilleures places. Et il vaut mieux éviter de sortir des zones photographes, sous peine d’un rappel à l’ordre immédiat. Seules les grandes agences mondiales ont les gilets bleus « Pool » qui leur donnent accès au plus proche de l’action. Frustrant… très frustrant. Les grosses agences disposent d’éditeurs et les photographes n’ont jusqu’ à s’occuper de shooter. Moi (comme beaucoup) j’avais 1à 2 heures d’éditing derrière chaque reportage.

J’ai terminé mes premiers JO, épuisé mais avec des images et des souvenirs plein la tète. J’ai réalisé mon rêve de photographe de sports en couvrant ceux de Londres. La proximité m’a fait tenter l’aventure olympique, et je m’étais dis que ce serait mes seuls jeux. Pourtant dans un coin de ma tète, je commence à regarder les cartes de Rio et pourquoi pas tenter une aventure hivernal dans deux ans du coté de Sotchy, d’autant que la procédure d’accréditation vient d’être lancé et la Dead line est au 4 octobre. »

mai 062012
 

Voilà une petite vidéo du week-end qui décrit le dialogue, trop souvent entendu entre un photographe professionnel et son client. Elle est en anglais mais facile à comprendre car si vous êtes photographe professionnel vous connaissez ce dialogue par coeur! C’est celui du client qui demande au photographe de travailler gratuitement. Il faut mieux en rire ! (merci à Christian pour la vidéo)

mar 172011
 

Ce Dimanche 20 mars 2011 à 13h, Arte diffuse un portrait du photographe Bruce Davidson. L’auteur du documentaire, Claude Ventura dresse un portrait intimiste du photographe. Pour rappel, Bruce Davidson est né en 1933, il a rejoint l’Agence Magnum en 1959. Ses photos sont connues dans le monde entier et notamment ses reportages sur les Noirs américains, les gangs du Brooklyn, sur le Clown d’un cirque ambulant…

Voir la bande annonce du documentaire sur Bruce Davidson.

oct 172010
 

photo-concert-Johnny-Hallyday

Rares sont les photographes qui ont pu être pendant si longtemps auprès de Johnny Hallyday, Tony Frank est sans doute celui qui a suivi au plus prêt notre star nationale. Enfin il décide de sortir de ses tiroirs des photos de cette période sous la forme d’une exposition et d’un livre. Il nous montre des photos inédites et intimes. Quelques questions à Tony Frank :

Combien de temps as tu passé auprès de Johnny Hallyday ?
J’ai passé 36 ans dont les 5 dernières années les 3/4 de mon temps

Est-ce que tu penses que suivre une vedette de cette envergure de si prèt pendant si longtemps serait toujours possible aujourd’hui ?
Je ne pense pas, ou alors il ne faut faire que cela, donc pas moyen de faire d’autres sujets.En plus, tu deviens « trop proche » donc il est difficile d’être toujours avec un appareil photo et de « bouffer la vie » de ce personnage 24h/24 qui a aussi besoin de respirer …!!

Quels sont tes souvenirs les plus marquants avec Johnny Hallyday ?
Je me souviens surtout des tournées en France et à l’étranger pendant lesquelles on ne dormait pas beaucoup surtout à cause des kilomètres (à l’époque pas beaucoup d’autoroutes) , à l’étranger Johnny donnait souvent 2 spectacles dans la même soirée avec la sono à démonter et à remonter 200kms plus loin, mais on s’amusait beaucoup, un peu comme des jeunes potaches, ou collégiens en faisant pas mal de blagues dans les hôtels et surtout on s’éclatait en faisant ce que l’on aimait, de la musique (Rock n’Roll !!) et des photos; pour nous c’était un plaisir, nous n’avions pas l’impression de travailler. J’ai beaucoup d’anecdotes,trop longues à raconter, même pendant certaines vacances que nous prenions aussi ensemble.

Johnny-Hallyday

Dans ton exposition et ton livre va t-on découvrir des photos qu’on a pas l’habitude de voir ? Quelles photos as tu voulu privilégier parmi les milliers que tu as prises?
J’ai surtout choisi des images non utilisées, beaucoup de « Noir & Blanc », un peu comme dans mon précédent livre sur Serge Gainsbourg. Presque tous les bouquins sur Johnny Hallyday sont en couleurs avec beaucoup de photos de scène, j’ai voulu faire l’inverse et montrer à cette occasion des images de Johnny Hallyday plus « artistique », plus intimes, mais ce ne sont pas des photos « people » (comme on dit aujourd’hui) il n’y a d’ailleurs que quelques photos incontournables avec Sylvie Vartan, voire Nathalie Baye, comédienne avec Johnny Hallyday.

  • L’exposition du 18 au 23 octobre 2010: Espace Pierre Premier de 10 à 19h30 (entrée gratuite)
    17, Avenue Pierre 1er de Serbie, 75016 PARIS
  • 26 octobre 2010 au 9 janvier 2011 : Brasserie La Lorraine de 7h à 1h (entrée gratuite)
    2, place des Ternes, 75008 Paris

portrait-johnny-hallyday

Livre Johnny Hallyday par Tony Frank

juin 092010
 

Le site du photographe Hervé Le Gall est passionnant, c’est un site où il partage son expérience de photographe. Ce qui m’a beaucoup intéressé ce sont ses réflexions autour de plusieurs boitiers par rapport à la photographie de concert. Je trouve les tests d’appareils photos sur le terrain, lors d’une vraie production assez rares. Je lui ai posé quelques questions pour qu’il nous parle de son expérience de photographe de concert, de son expérience avec le Canon 1DmarkIV , avec le Canon 5DmarkII, avec le Canon 7D et avec le Nikon D3s. Au delà du matériel, son site internet est celui d’un photographe passionné par les concerts et la musique live.

iggy pop concert©Hervé Le Gall : Iggy Pop au Festival Yakayalé, Canon EOS 1D Mark IV 1600 iso

Hervé, tu es photographe professionnel du coté de Brest quelle est ta spécialité ?

Mon domaine de prédilection c’est la photo de concerts. Quand je suis arrivé à Brest, il y a une dizaine d’années, le premier endroit où j’ai posé mon sac c’était le Vauban, un endroit mythique de la nuit brestoise. C’est à la fois un hôtel (qui vient d’être rénové), une brasserie et au sous-sol une salle de concerts qui n’a pas pris une ride depuis cinquante ans. Le Vauban, c’est une salle à taille humaine (jauge maxi 500 personnes), c’est un chaudron, un endroit unique, très apprécié des artistes. C’est là, en arrivant à Brest que j’ai tapé mes premiers clichés. Je me suis fait repérer par Charles, le patron de l’endroit. Je suis devenu le photographe maison et Charles est devenu un ami. J’ai shooté au Vauban des centaines de concerts dans tous les genres musicaux. En 2007, c’est l’ouverture de la Carène, une Smac (salle des musiques actuelles), avec une grande salle de 1200 places et un plan de feux splendide. Voilà, à Brest ce sont mes deux endroits de prédilection. Je vais aussi faire des photos au Run ar Puñs, non loin de Brest, à Châteaulin. Là encore un endroit unique, un corps de ferme transformé en salle de concerts. Un lieu magique aussi, tenu par Jakez qui imprime au lieu une marque particulière. Le Run c’est rien que des gens que j’aime. L’affectif est un paramètre essentiel dans mon travail. Je pense qu’on ne peut pas faire de bons clichés en faisant la gueule !

Sur ton site on tu parles de ta passion pour les concerts quels sont tes festivals préférés ? Les groupes que tu préfères voir en concert ?

Jusqu’à 2008, je couvrais régulièrement plusieurs festivals. Le festival Art rock à Saint Brieuc, le festival des Vieilles Charrues (dont je suis l’un des photographes officiels), le festival La route du rock à Saint Malo et le festival du Bout du monde à Crozon. Bref, faites le calcul ! De fin mai à début août, ça faisait cent cinquante concerts, c’était un boulot énorme. Un jour de septembre je me suis écroulé et je me suis pris une avoinée avec mon toubib. Désormais, je couvre quatre jours aux Vieilles Charrues que je ne raterais pour rien au monde. C’est l’occasion pour moi de retrouver les bénévoles, à Carhaix. Mon attachement avec l’équipe des Vieilles Charrues c’est un lien très fort. Cette année, je vais aussi couvrir la fête du Bruit à Landerneau. Une belle affiche, de la zique, du soleil et des potes, il n’y a rien de mieux. Je n’ai pas de préférence, j’ai des goûts musicaux éclectiques. Il y a toujours quelque chose à prendre pendant un concert. Je vais là où mon œil m’amène !

Par rapport à la photo de concert quelles sont les qualités que tu recherches sur un boitier ?

Ce que je vais dire n’est pas spécifique à la photo de concert, même si c’est particulièrement vrai pour ce type de photo. Ce que je demande à mon boîtier, c’est qu’il me suive, c’est tout. Je travaille exclusivement en mode manuel, donc quand je chie un cliché je suis seul responsable. En revanche, si mes réglages sont cleans, je veux que mon boîtier me suive. Sinon, c’est le cauchemar assuré.

Sur ton site tu nous parles de tes expériences différents boitiers, avec lequel préfères tu travailler ?

Du temps de l’argentique, j’ai d’abord eu un Canon F1/F1n avec des optiques mythiques, comme le 55mm asphérique f1,2. Ensuite je suis passé à EOS 3, autre boîtier mythique. En numérique, j’ai eu un 20D, puis un 30D qui s’est avéré être un excellent boîtier, finalement. Et puis il y a eu l’épisode 5D Mark II, douloureux, dans tous les sens du terme. J’ai vraiment été à deux doigts de switcher, d’autant que j’ai testé Nikon D3s entre temps… J’ai aussi testé EOS 1D Mark IV, j’ai fait un banc d’essai complet sur Shots et début mai j’ai continué mes tests avec Canon sur EOS 7D, pour lequel j’ai eu un vrai coup de cœur.

concert-eiffel
©Hervé Le Gall : Eiffel au Vauban, Nikon D3s 12800 iso
Que penses tu du Canon 5d markII ?

Une autre question ? En fait, quand je suis arrivé aux Vieilles Charrues avec mon 5D Mark II en juillet 2009 je venais de recevoir le boîtier. Pour moi, c’était juste un nouveau boîtier, pas de quoi en faire un plat. Mauvaise idée. Quand j’ai shooté mes premières images et que j’ai goûté aux travers du 5D II, je me suis fait vraiment peur. Le boîtier se comportait de manière complètement erratique. En point d’équilibre, il sur-exposait et cramait l’image de manière systématique, l’autofocus était en perdition dans les zones de basses lumières, c’était épouvantable ! J’ai mis un moment pour trouver des solutions et finalement ça s’est bien passé, mais je ne souhaite à aucun photographe de vivre ça. Le mois qui a suivi, j’ai revendu mon 5D Mark II et j’ai écrit un billet assez violent sur Shots. Pour un certain nombre d’afficionados de la marque rouge, je suis devenu la cible à abattre, j’ai même reçu des menaces de mort ! Mais j’ai aussi reçu beaucoup de témoignages qui entérinaient mes constatations et qui allaient parfois bien au-delà. J’ai eu l’occasion de rencontrer des responsables techniques chez Canon France et le climat s’est apaisé. Il faut reconnaître que Canon n’a jamais mis en avant que l’autofocus de 5D Mark II était un foudre de guerre. D’ailleurs c’était le même autofocus 9 points hérité du 5D. Les efforts de Canon sur ce boîtier c’était l’optimisation de la qualité de l’image à 3200iso et bien sûr le mode vidéo. Bref, 5D Mark II n’est clairement pas un boîtier optimisé pour aller faire des photos de concerts ! En même temps je me dis aujourd’hui, avec le recul, qu’un paramétrage fin du boîtier permet d’obtenir des résultats corrects. Moralité, ne jamais partir sur le terrain sans avoir lu la doc (en entier) à tête reposée et sans avoir pris le temps de faire quelques clichés de test.

Tu préfères le 7d ou 5dmarkII ?

Pour avoir testé en profondeur EOS 1D Mark IV, puis EOS 7D, je peux dire que le 7D est son petit frère. C’est vraiment un excellent boîtier et il en a sous le pied. Il faut garder à l’esprit que ce reflex embarque un Double Digic IV capable de cracher de l’image en RAW à 8fps avec un traitement sur 14 bits. Un autofocus 19 points très optimisé qui s’avère vraiment efficace. Et puis au delà de ses fonctionnalités ou de ses performances, ce boîtier a une signature, une touche qui lui est propre, un grain d’image. Quand j’ai vu les premières images que j’ai tapées au festival de jazz Sonore, j’étais sur le cul. Dans DPP, les RAW brut de capteur étaient nickels. Je les ai traduits en jpeg et livrés tels quels. Zéro crop, zéro post prod. C’est en voyant la qualité de ces images que j’ai su que j’allais faire un bout de chemin avec EOS 7D. J’en ai commandé un illico !

concert tazartes© Hervé Le Gall :Tazartès, festival Sonore, Canon EOS 7D 3200 iso (sans post prod)

En ce qui concerne la photo de spectacles parfois il est primordial d’avoir un boitier très silencieux, y a t-il des boitiers qui s’en sortent mieux que d’autres ?

C’est surtout vrai dans les ambiances calmes, je pense à des sessions acoustiques ou aux concerts de jazz. Nikon a introduit un mode silencieux (Quiet) sur son D3s et Canon en a fait autant avec son 1D Mark IV. Sur EOS 7D le niveau de bruit du déclenchement me semble correct.

D’après tes différents tests jusqu’où te permets tu shooter pour un boulot en ce qui concerne les Iso selon les boitiers ?

Je me souviens d’avoir lu un truc sur internet, un type qui disait à propos du D3s « mais qui a vraiment besoin de faire des photos à 25600iso ? » Je ne connais aucun photographe qui refuserait la possibilité de pouvoir faire des clichés propres jusqu’à 25600iso. C’est ce que j’ai vécu avec Nikon D3s qui est selon moi, sans aucun doute possible, le meilleur reflex numérique pro actuellement disponible. Avec D3s j’ai shooté en concert à 12800iso sans grain, alors qu’avec EOS 1D Mark IV à 10000iso on était déjà limite. Avec EOS 7D, pour le moment je ne suis pas allé au delà de 3200iso mais jusque là c’est très propre. Les hautes sensibilités, c’est un paramètre nouveau, introduit avec Nikon D3s qui a vraiment fait exploser les barrières. Et encore, les prochaines générations de boîtiers vont encore nous surprendre. L’année qui vient va être passionnante, tant chez Nikon (D800, D4) que chez Canon (1Ds Mark IV, 5D Mark III).

Pour le traitement de tes fichiers Raw quel logiciel utilises tu et pourquoi ?

Jusqu’à maintenant j’utilisais principalement Lightroom, que j’ai découvert grâce à Jean-François Vibert qui est un peu à Lightroom ce que Parmentier était à la pomme de terre ! Jean-François a commis un excellent petit bouquin sur le sujet et ça m’avait vraiment donné envie. Les choses ont évolué, il y a eu Aperture 3 qui d’après ce que j’en sais est plus respectueux des profils d’origine Canon. J’ai bien envie de le tester, d’autant que Aperture 3 devrait se sentir à l’aise sur mon iMac qui est assez musclé. J’aimerais bien faire un comparatif sur Shots entre LR 3 et Aperture 3, un de ces jours !

Tuba Concert Peter Brotzman

© Hervé Le Gall : Fin du concert de Peter Brötzman festival Sonore, EOS 7D 3200 iso (sans post prod)

J’espère que ce petit échange vous donnera envie de visiter son site si vous ne le connaissez pas encore. Vous pouvez retrouver sur son site toutes ses réflexions en détails.

juin 022010
 

reponse photo

Sebastiao Salgado, photographe célèbre connu pour ses reportages en Noir et Blanc a commencé un travail sur les peuples « primitifs » nommé Genesis en 2004. Ce projet s’achèvera en 2012. Salgado utilisait des Pentax 645 argentiques pour ce projet. Plus le temps avançait et plus le fait d’utiliser des pélicules argentiques devenait problématique. Beaucoup de problème dans les aeroports à cause des contrôles, des mesures de sécurité renforçant le nombre de passages aux rayons X qui finissaient par voiler les films…Il a finit par changer sa manière de travailler et est passé au numérique. Tout ce changement et tout le flux de travail qu’il a mis en place pour garder la contuinité dans son travail est décrite dans le numéro Hors Série n°10 de Reponses Photo. Un article passionnant et très riche. Ça faisait longtemps que je n’avais pas regretté l’achat d’un magazine photo.