fév 112013
 

couleur-icc

Quelques questions Pascal de COULEUR-ICC, spécialiste de la gestion de couleurs…

Bonjour Pascal. Peux tu te présenter en quelques lignes ?
Mon parcours est assez simple, je baigne dans le domaine de la photogravure et de l’imprimerie depuis mon plus jeune âge (un membre de ma famille possédait une entreprise dans ce métier, avant sa retraite il m’a formé aux différentes techniques). Après mes études de commerce et de communication et après mon service national effectué dans la communication, c’est tout naturellement que je suis rentré comme opérateur chromiste et scannériste dans une photogravure de l’Ile de France. Durant de nombreuses années j’ai parcouru les différentes photogravures, studios de retouche, agence de publicités et autres grands groupes d’imprimeurs de la place de Paris. Dans le milieu des années 90 j’ai mis le nez dans l’impression jet d’encre et la gestion de la couleur, je n’en suis plus jamais sorti. 


Lorsque l’on est un peu exigeant dans la gestion des couleurs, on constate qu’il reste essentiellement 2 marques d’écrans Eizo et Nec. Je sais que tu as une préférence pour Eizo, peux tu nous expliquer pourquoi ?
Nec et Eizo sont les deux grands leaders au niveau des écrans Arts Graphiques. Bien que NEC propose grâce à sa gamme Spectraview des écrans pouvant être caractériser de manière hardware il s’avère que la marque a depuis un petit moment des soucis quant à son logiciel sous OS Apple (voir ici mes explications) c’est pour cela que j’ai décidé de ne plus les distribuer via mon store pour l’instant afin de ne pas fournir de mauvais outils aux photographes et aux graphistes. Pour ce qui est d’Eizo, ce fut la marque vers laquelle je me suis dirigé après avoir quitté les écrans Barco. J’ai commencé avec un écran Eizo CRT et maintenant des plats en gamme ColorEdge. Force est de constater qu’Eizo est toujours dans les temps sur son logiciel ColorNavigator à chaque changement de système d’exploitation. Force aussi est de constater que le logiciel dispose de nombreuses fonctionnalités comme la validation Fogra et que les écrans Eizo ColorEdge sont remarquables de fidélité en terme de colorimétrie. Pour moi, mais cela n’engage que moi, un ColorEdge devrait être l’écran que tout photographe ou personne travaillant le traitement image devrait posséder.

 

 Quelle différence y a t-il pour la gestion des couleurs entre un écran LED et non LED ?
En théorie et en pratique je dirais que je ne vois pas de différence. Cependant là aussi il faut bien choisir si on s’oriente vers un écran LED. Actuellement au moment où je te réponds, seul l’écran Eizo ColorEdge CG246 me paraît être le choix judicieux si on veut s’équiper LED.

 

 Lorsque l’on voit le prix d’un écran Color Edge et le prix d’un écran « standard » beaucoup de photographes ont du mal à évaluer si elle vaut la peine pour eux , peux tu leurs expliquer ce que leur apporte cette différence ?
Je dirais que ces photographes qui n’évaluent pas cette différence n’ont pas connus les années où un écran Art Graphiques coûtait un œil. A l’époque des CRT (écran cathodique) seule la marque Barco proposait des écrans dédiés comme le Barco Calibrator 5 qui coûtait 8000 euros HT couvrant tout juste le SRVB et qui claquait parfois au bout de trois quatre ans de production.
L’écran reste un élément essentiel pour visualiser, développer ses RAW et retoucher ses images bitmap. Il me semble étrange de constater que certains photographes mettent tous leurs euros dans les APN, objectifs professionnels à grande ouverture pour ensuite travailler leurs images sur des écrans bas de gamme. Là aussi même si l’écran n’est qu’un outil il se doit d’être le meilleur possible afin de faciliter la tâche et éviter les mauvaise surprise lors d’un tirage Fine Art ou lors d’une impression offset.

 

Tu ne réponds pas vraiment à ma question, comme tu peux le constater les photographes sont prêts à dépenser beaucoup d’argent dans leur équipement, pour l’écran je crois qu’ils faut qu’ils comprennent ce que va leur apporter un ColorEdge par rapport à un autre écran calibré correctement, peux tu leur expliquer?
Il suffit de comparer, sinon cela reviendrait à dire qu’une twingo est l’équivalent d’une Ferrari puisque les deux deux sont des voitures avec quatre roues, un volant, des sièges… Un ColorEdge permet une validation du softproofing suivant une norme ISO bien précise chose qui ne sera pas vraie pour un écran de type plus bureautique. Concernant le calibrage, on peut par exemple aussi calibrer l’écran d’un portable mais chacun sait (ou devrait savoir en tous les cas) qu’on ne peut correctement traiter une image sur l’écran d’un portable. CQFD.

 

Les photographes ont tendance à choisir un grand écran ce qui est très utile pour l’editing, si je suis tes conseils se serait le CG275W, Eizo sort le très bientôt le CG276W qu’a t-il de plus?
Oui le CG275W correspond bien à tes besoins et cet un excellent outil en tous les cas le meilleur dans cette diagonale actuellement sur le marché. Je le conseil et le vend régulièrement à mes clients photographes ou studio de PAO. Certes le 276 arrive et deviendra son remplaçant il offre en plus le zéro pixel mort pendant un certain temps et le back light a été poussé à 5 ans de garanti alors qu’un 275 c’est trois ans, des ports supplémentaires au niveau connectique. Sinon entre les deux modèles c’est assez kif’ en terme de qualité.

 

Si un photographe veut une bonne gestion de sa chaine graphique Ecran-ordinateur-imprimante que leur conseillerais tu pour calibrer cette chaine ?
Avant de leur parler d’équipement je le conseillerais de se former au sujet de la gestion de la couleur. C’est mon rôle principal puisque la société que je dirige (COULEUR ET ICC) est avant tout au services des acteurs de l’image et du digital. Il faut savoir que l’outil ne fait pas l’artisan mais il y contribue. Après en terme d’équipement, je dirais que faire confiance à la marque XRITE me semble judicieux en ce sens il est aisé que sur le marché de la photographie cette marque reste leader en apportant des solutions fiables  tels que les colorimètres ou spectrophotomètres. N’oublions pas aussi la faisabilité d’étalonner les conditions de prise de vue à l’aide de mires telle que la colorchecker.


Tu vends du matériel, qu’apportes tu en plus, lorsqu’on achète chez toi ?

En créant ma société COULEUR ET ICC, loin de moi l’idée au départ de vendre du matériel puisque je suis avant tout et reste un technicien et un formateur au service de l’image fixe et de la colorimétrie. Mais à la demande de certains de mes clients qui voulaient autre chose qu’un simple vendeur ou commercial, j’ai décidé de proposer l’accompagnement sur le matériel dédié au traitement de l’image et de la gestion des couleurs. Les photographes, studios PAO et autres retoucheurs qui me font confiance chaque jours attendent de moi quelqu’un qui connaît et comprend leur besoin, qui saura parfaitement les analyser et saura répondre en donnant des arguments techniques pour du matériel plutôt que de ne penser uniquement à l’acte de vente.
Ayant travaillé pendant plus de 20 ans comme retoucheur chromiste et photograveur, je connais parfaitement l’image et son traitement. Aussi en ayant le même langage que mes clients et surtout en connaissant leur besoin je penses pouvoir les assister et les conseiller de la meilleure manière.
De plus, quand je vends du matériel il y a toujours une notion de rapport qualité prix service que je mets en avant face à mes concurrents qui ne se bataillent que sur le prix. Par exemple : Tout en étant parfaitement placé en terme de tarif sur le marché, COULEUR-ICC vous offre toujours pour tout achat d’un écran art graphique votre première assistance téléphonique (une prestation à découvrir via ce lien  afin de vous guider dans la caractérisation et la calibration de votre nouvel écran. Qui a dit service inédit en France?

 

Merci Pascal. J’invite tout le monde à te suivre sur ton blog et à travers les formations que tu proposes.

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  23 Responses to “Quel écran choisir pour un photographe pro ? les conseils d’un spécialiste”

  1. Quand je me suis installé photographe, j’ai cassé ma tirelire pour Eizo Coloredge CG241W. Je ne regrette pas (rien de rien…). L’image est superbe, le logiciel de calibration Eizo est simplissime (bien plus que le logiciel accompagnant ma sonde xrite) et en fait, l’écran dérive tellement peu au niveau colorimétrie que je dois le calibrer une fois tous les 6 mois maximum contre une fois tous les mois ou les deux ois au début (désolé Pascal…) malgré une utilisation intensive. Couplé à quelques profils papiers / imprimante, je suis paré niveau niveau colorimétrie.

  2. Merci Eric pour ton témoignage

  3. Bonjour
    Merci à toi Cyril pour cet interview car si cela peut aider les photographes dans leur choix alors c’est parfait.
    Attention toute fois, ne pas prendre pour argent content ce qui je vois ici en commentaire : même sur un ColorEdge la caractérisation doit se refaire régulièrement et non tous les 6 mois. Comme pour dessiner et cela même avec le meilleur crayon du monde on commence toujours par un coup de taille crayon et en vérifier la pointe. En effet le cerveau s’habitue aisément d’une dérive et seule la mesure et la vérification concrète de la dite mesure ne peut être que fiable. Le reste n’est que baratin et non maîtrise du sujet ;)

  4. Holala, baratin, tout de suite, c’est pas comme cela que vous allez me donner envie d’être client…

    Mon expérience c’est que le coloredge avec lequel je travaille dérive très peu, lorsque j’utilise i1 profiler par exemple les résultats sont stables (ce qui est un bon point pour Eizo non?) et que j’ai de très bons résultats à l’impression même si je n’ai pas calibré le moniteur depuis un petit peu plus longtemps que ce qu’il faudrait. Bien sur que ce n’est pas bien, ouh!

    Pour ma pratique, reportage, portrait, je n’ai pas besoin d’être autant à cheval sur la colorimétrie que pour un photographe spécialisé dans la photo de produits par exemple.

  5. Bien sur, vous avez raison, il faut calibrer son écran régulièrement (sous peine d’encourir les foudres de Pascal ;)…)

    Après il y a la réalité de la vie du photographe. Je n’ai pas besoin d’une correspondance absolue des couleurs pour la plupart de mes travaux et grâce à la stabilité de mon coloredge, j’obtiens de beaux tirages sur mon epson photo ou en labo même si j’ai malencontreusement oublié de le calibrer dans les temps… Bien sur cela dépend des travaux, pour des photos de produits ou de la repro c’est autre chose…

  6. Quelque soit le sujet, à partir du moment où on vend une image à un client on se doit de prendre le soin de contrôler ses outils. Qui plus est sur un CG c’est rien en terme de temps. J’ai toujours du mal à concevoir quand on possède un CG qu’on ne le fasse pas. Mais bon chacun ses choix ;)

  7. Cette norme iso que garantit le Eizo c’est pas un peu du baratin?
    Après cette interview je ne comprends toujours pas pourquoi un écran de type imac 27 pouces n’est pas suffisant pour un photographe, sachant que le photographe n’est ni un imprimeur, ni un photograveur.
    Je suis ouvert à comprendre mais des arguments comme « c’est comme une fiat et une ferrari » ou « si tu dépenses bcp d’argent pour un objectif tu peux le faire aussi pour un écran » ne me parlent pas beaucoup et ne sont pas assez concrets pour moi.

  8. @ François > Bonjour, commencez par analyser le gamut d’un écran de type Imac et on en reparle. Car pourquoi avoir des APN avec des possibilités énormes en terme de dynamique et en terme de restitution de capture si c’est pour visualiser ses images et en faire le traitement sur un écran dont le gamut est court comme un imac ? Idem sur la cassure des tons… Bref un imac est pour moi (et cela n’engage que moi) parfait pour faire du word, lire et envoyer des emails. Mais chacun son truc.
    Qui plus est on peut ne pas être imprimeur ou graveur et devoir traiter soit même ses fichiers RAW. Cela se faisant la plus part du temps à la vue (sauf des gens comme moi qui lisent encore les valeurs chromatiques et les densités) il est donc util d’avoir un écran permettant de couvrir parfaitement les possibilités offertes par le digital. Pr!s ce sont vos images et votre tune, vous en faites ce que vous voulez

  9. Ne t’enerve pas je cherche juste à comprendre, je n’ai pas autant de connaissances que toi et j’ai besoin que l’on m’explique. J’en ai assez que l’on me dise tu dois acheter ceci ou cela sinon ce n’est pas pro.
    J’ai besoin de comprendre. Si je suis convaincu, j’achèterai un Eizo.
    Si je regarde la même photo sur un Eizo et sur un Imac bien calibrés qu’elles sont les différences que je risque de voir ?

  10. Je te comprends François, plein de photographes se posent les mêmes questions et en période de crise, on achette moins les « yeux fermés ».

  11. Où voyez vous que je m’énerve ? Plus zen que moi il y en a pas beaucoup :D
    Je dirais que j’ai pas besoin de faire l’article car le truc (un CG) n’a plus à faire ses preuves. Donc rien à expliquer il suffit d’ouvrir colorsync pour voir les choses et là d’ouvrir les yeux (pour ne plus acheter les yeux fermés ;) ). Mais je ne donne jamais en public l’explication, sauf à Cyril que je connais et avec qui j’ai échangé en vrai sur le salon 2012 (salon de la photo) car bien souvent de nombreuses personnes viennent chez moi chercher les explications techniques et vont ensuite acheter ailleurs (pour avoir un meilleur tarif) donc maintenant mon service conseil avant vente est payant et remboursable sur achat.

  12. Je comprends Pascal, mais là tu parles déjà du CG, je respecte ton point de vue.

  13. Oui je parle d’entrée d’un CG car pour moi, ma ça n’engage que moi, il n’y a rien d’autre de sérieux. Mieux vaut un petit CG 22 pouces qu’un grand truc bien moyen en 27 pouces. Aussi simple que cela ;)

  14. Ouhais… les spécialiste « chromiste et photograveurs » ne valent rien de plus que ce qu’ils ont reçu comme formation il y a 20 ans…. et le dernier « mortel » a nullement besoin d’un écran qui coûte le prix d’une voiture… et en plus il ne saurait même pas s’en servir à 10% de son potentiel… (comme la plupart des « pros » qui se disent tous spécialistes…).
    Moi aussi je taffe dans la com depuis plus de 25 ans… et les Barco et autres gadgets sont aujourd’hui complétement dépassés (comme les pros qui essaient de se valoriser en parlant avec des termes techniques bidons dépassés). on trouve de tout sur internet et surtout des charlots qui se prennent pour des vrais pros de l’image et qui ne savent même pas calibrer eux-même leur écran. Les écrans sont en passe d’être au top… Et pas seulement pour les joueurs. De plus les chaines numériques ont aussi évoluées et on peut facilement sans grande connaissances techniques imprimer correctement ses photos.

  15. Sauf qu’un petit CG 24 vaut le même prix qu’un 27 …

  16. waooouuu ça c’est du commentaire. Beaucoup de mots tout faits et des argumentations vides de sens. On peut voir le super travail de Sieur Buds ? Juste par curiosité …

  17. Article qui fait quand même sourire. Je bosse depuis plus de 10 ans pour des services de com de grandes boites, de grandes agences de pub… C’est marrant mais la plupart de mes interlocuteurs ne savent même pas ce que c’est que la gestion de la couleur.

    Ce qui est certain c’est qu’un bon écran (pas besoin d’un Color edge avec 100% d’adobe RGB, c’est un peu oversized) avec une dalle ips calibrée permet de faire largement le travail (en plus on peut avoir 2 x27″ de tres bonne qualité pour le prix d’un coloredge). De tt façon, les graphistes bousilleront votre image quoi qu’il arrive, et si c’est pas eux, ça sera l’imprimeur…

  18. C’est un peu pessimiste mais souvent vrai. J’ai de plus en plus des interlocuteurs qui connaissent la chaine graphique.

  19. Hello
    Pour éviter d’avoir des images bousillées, il suffit de travailler avec les bonnes personnes. Quant à l’imprimeur, il ne fait qu’imprimer ce qu’on lui donne mais avec un bourricot il ne pourra faire un cheval de course. Après même si le matériel ne fait pas le travail, ceci restant l’apanage de l’homme, il y contribue grandement

  20. « Pour éviter d’avoir des images bousillées, il suffit de travailler avec les bonnes personnes »

    ah oui ! Ca se passe comme ça chez les bisounours … Dans la vraie vie, en temps que prestataire externe, je n’ai aucun droit de regard sur le graphiste ou l’imprimeur de l’agence de com ou de l’entreprise…

    C’est pessimiste peut être, mais tellement réaliste !

    Par contre, mes clients étrangers semble plus au fait de la chaine graphique.

  21. Pffff qu’est ce qu’il ne faut pas entendre. Je ne parles pas de bisounours. J’ai à mon modeste actif 25 piges d’expérience dans le domaine que vous décrivez et géré par mes soins j’entend, je n’ai jamais eu un seul retour ou volée de bois vert dans mes TAF’ et qui ppurtant on fait le tour de la planète et ont été imprimés pareil partout des quatre coins de la terre (je suis ex chromiste, pas un simple pomme p)

  22. En effet vous êtes trop fort, mais de quoi parlez vous ?

  23. @ Olivier > je parle tout simplement d’image et donc d’en produire et non faire du tas de pixel comme on peut voir trop souvent

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